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luni, 24 februarie 2014

Les plus belles et les meilleures citations de Nikos Kazantzakis, mon écrivain préféré! (III)

Nous sommes de petits vers sur la petite feuille d'un arbre gigantesque...

En français: '- Nous sommes de petits vers, Zorba, de tout, tout petit vers sur la petite feuille d'un arbre gigantesque. Cette petite feuille est notre Terre. Les autres feuilles sont les étoiles que tu vois se mouvoir dans la nuit. Nous cheminons sur notre petite feuille en l'examinant anxieusement. Nous la humons, elle sent bon ou mauvais. Nous la goûtons, elle est comestible. Nous tapons dessus, elle résonne et crie comme un être vivant. Quelques hommes, les plus intrépides, arrivent jusqu'au bout de la feuille. De là, nous nous penchons, les yeux grands ouverts, les oreilles tendues, vers le vide. Nous frémissons. Nous devinons au-dessous de nous l'effrayant precipice, nous entendons de loin en loin le bruissement des autres feuilles de l'arbre gigantesque, nous sentons la sève monter des racines de l'arbre et notre coeur se gonfler. Ainsi penchés sur l'abîme, de tout notre corps, de toute notre âme, nous frissonnons de terreur. À partir de ce moment commence...' ( la poésie, le grand danger) (Alexis Zorba) 

In romana: 'Noi suntem niste viermisori, Zorba, niste viermisori mici, mici de tot, pe frunza ingusta a unui pom urias. Aceasta frunza ingusta e Pamantul nostru. Celelalte frunze sunt stelele pe care le vezi miscandu-se noaptea. Umblam pe frunzisoara noastra cercetand-o cu teama. O mirosim - miroase frumos sau urat. O gustam - e buna de mancat. O lovim - ea rasuna si striga ca o faptura vie. Unii oameni, cei mai cutezatori, ajung pana la capatul frunzei. De acolo, ne aplecam, cu ochii mari deschisi, cu urechile ciulite, spre vid. Ne infioram. Banuim sub noi infricosatoarea prapastie, auzim de departe fosnetul altor frunze ale pomului urias, simtim cum urca seva de la radacina pomului si ne creste inima. Aplecati astfel deasupra prapastiei, cu tot corpul, cu tot sufletul, tremuram de groaza. Din clipa aceea incepe...' (poezia, marea primejdie) (Alexis Zorba, editia a doua, Editura Univers, 1987)

Les plus belles et les meilleures citations de Nikos Kazantzakis, mon écrivain préféré! (II)

Le denier homme - Bouddha!!!

En français: 'Le dernier homme - qui s'est délivré de toute croyance et de toute illusion, qui n'attend plus rien, ne craint plus rien - voit l'argile dont il est fait, reduite en esprit, et l'esprit n'a plus rien où jeter ses racines pour sucer et se nourrir. Le dernier homme s'est vidé; plus de semence, plus d'excréments, ni de sang. Toutes choses sont devenues mots, tous les mots jongleries musicales. Le dernier homme va encore plus loin: il s'assied au bout de sa solitude et décompose la musique en muettes équations mathématiques. [...] C'est Bouddha qui est le dernier homme! m'écriai-je. Là est son sens secret et terrible. Bouddha est l'âme <<pure>>qui s'est vidée; en lui, c'est le néant, il est le Néant [...]'

In romana: 'Ultimul om - care s-a eliberat de orice credinta si orice iluzie, care nu mai asteapta nimic, nu se mai teme de nimic - vede lutul din care e plamadit redus la spirit, si spiritul nu mai are unde sa-si infiga radacinile spre a sorbi si a se hrani. Ultimul om e golit; nici tu samanta, nici tu excremente, nici tu sange. Toate lucrurile au devenit cuvinte, toate cuvintele jonglerii muzicale. Ultimul om merge inca si mai departe: se asaza la capatul singuratatii lui si descompune muzica in mute ecuatii matematice. [...] Buddha e ultimul om! am strigat in sinea mea. Acesta e sensul lui tainic si inspaimantator. Buddha e sufletul 'pur' care s-a desertat (golit); in el e neantul, el e Neantul. [...]' (Alexis Zorba, editia a doua, Editura Univers, 1987)

Les plus belles et les meilleures citations de Nikos Kazantzakis, mon écrivain préféré! (I)

Le papillon grec.../ Fluturele grec

En français: 'Je me souvins d'un matin où j'avais découvert un cocon dans l'écorce d'un arbre, au moment où le papillon brisait l'enveloppe et se préparait à sortir. J'attendis un long moment, mais il tardait beaucoup, et moi j'étais pressé. Énervé je me penchai et me mis à le réchauffer de mon haleine. Je le réchauffais, impatient, et le miracle commença à se derouler devant moi, à un rythme plus rapide que nature. L'enveloppe s'ouvrit, le papillon sortit en se traînant, et je n'oublierai jamais l'horreur que j'éprouvai alors: ses ailes n'étaient pas encore écloses et de tout son petit corps tremblant il s'efforçait de les déplier. Penché au-dessus de lui, je l'aidais de mon haleine. En vain. Une patiente maturation était nécessaire et le déroulement des ailes devait se faire lentement au soleil, maintenant il était trop tard. Mon souffle avait contraint le papillon à se montrer, tout froissé, avant terme. Il s'agita, désespéré, et, quelques secondes après, mourut dans la paume de ma main. Ce petit cadavre , je crois que c'est le plus grand poids que j'aie sur la conscience. Car, je le comprends bien aujourd'hui, c'est un péché mortel que de forcer le grandes lois. [...] (Il faut) suivre avec confiance le rythme éternel. [...] Ah, si ce petit papillon pouvait voltiger toujours devant moi et me montrer le chemin!' (Alexis Zorba)

In romana: 'Mi-am amintit de-o dimineata in care am descoperit gogoasa unui vierme de matase in scorbura unui copac in clipa cand fluturele sfarama invelisul si se pregatea sa iasa. Am asteptat o buna bucata de timp, dar prea intarzia sa iasa, si eram grabit. Enervat, m-am aplecat si am inceput sa-l incalzesc cu rasuflarea mea. Il incalzeam nerabdator si minunea a inceput sa se infiripe sub ochii mei, intr-un ritm mai rapid decat al naturii. Invelisul s-a desfacut, fluturele a iesit tarandu-se, si n-am sa uit niciodata dezgustul de care am fost cuprins atunci: aripile ii erau lipite si se chinuia zbatandu-se cu tot trupusorul lui sa si le desfaca. Aplecat asupra lui, il ajutam cu rasuflarea mea. In zadar. O rabdatoare maturatie era necesara, si desfacerea aripilor trebuia sa se faca incet, la soare; acum era prea tarziu. Rasuflarea mea obligase fluturele sa se iveasca, mototolit, inainte de soroc. Se zbatea, disperat, si, dupa cateva secunde, mi-a murit in palma. Cred ca acel mic cadavru e cea mai mare greutate pe care-o am pe constiinta. Pentru ca, azi inteleg foarte bine, fortarea marilor legi e un pacat de moarte. [...] (Trebuie) sa urmam cu incredere ritmul vesnic. [...] Ah! daca acel fluturas ar putea sa-mi zboare mereu pe dinainte si sa-mi indice calea!' (Alexis Zorba, editia a doua, Editura Univers, 1987)